Un an après son entrée en vigueur, quel est l’impact de la directive MIF 2 ?

Par Laure Challamel, chef de projet à la direction du marché de la clientèle privée

La directive MIF 2* organise les relations entre les établissements financiers et les clients, imposant des règles de transparence et de communication. Quels sont ces avantages concrets pour les investisseurs ?  

Entrée en vigueur le 3 janvier 2018, la nouvelle directive MIF 2 a modifié en profondeur les relations entre les établissements et leurs clients.

Pour quelle raison ? Davantage encore que la directive MIF 1, qui datait de 2007, ce nouveau texte réglementaire renforce la protection des investisseurs en réclamant plus de transparence aux établissements financiers. « La directive MIF 2 nous oblige en fait à formaliser des pratiques déjà existantes », indique Laure Challamel, chef de projet à la direction du marché de la clientèle privée chez Banque Palatine.

Concrètement, elle impose aux établissements financiers d’approfondir leurs connaissances sur leurs clients et ce, quel que soit les montants d’épargne en jeu, comme l’impose la directive. Dans ce but, le questionnaire adressé aux investisseurs a été enrichi. Mieux documenté, il recueille les informations relatives au profil de connaissance et à l’expérience du client, ce qui permet de l’alerter lorsqu’il souhaite souscrire à un produit qu’il ne connait pas. Ce questionnaire prend également en compte les objectifs d’investissement du client et son profil de risque pour pouvoir lui proposer ensuite une allocation optimale de ses placements, en intégrant de manière explicite sa capacité à subir des pertes et sa tolérance au risque.

Autre conséquence de la directive MIF 2, en fonction des réponses au questionnaire, chaque client reçoit un document – une déclaration d’adéquation - formalisant le conseil en allocation d’actifs qui lui permet de visualiser l’exposition au risque de son portefeuille et que celle-ci ne dépasse pas les limites définies avec son conseiller. Ce document est conservé dans le temps pour garder une trace de toutes les décisions de gestion qui ont été prises.

Autre nouveauté à la Banque Palatine, la digitalisation du parcours client. Avec la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation, les processus en épargne financière ont été revus dans un objectif de simplification et de dématérialisation. Les documents évoqués précédemment à savoir le questionnaire permettant de déterminer le profil investisseur, ainsi que la déclaration d’adéquation, peuvent être signés électroniquement par le client. À cela s’ajoute le document formalisant la connaissance des clients.

Transparence totale sur les frais  

Troisième étape, le client bénéficie d’une estimation des frais qu’il aura à payer, avant chaque prestation de service, de conseil et de passage d’ordre dans les conditions visées par les textes. Pour compléter ces informations, le client reçoit une fois par an un document récapitulant les frais payés sur les instruments financiers et services associés. La publication de ce premier rapport annuel est prévue fin juin 2019.

Enfin, dans un souci constant d’améliorer l’accompagnement du client dans le temps, celui-ci se verra remettre un rapport d’adéquation périodique, a minima annuel, qui lui permettra de vérifier que l’allocation par classe d’actifs reste pertinente au regard de ses objectifs et de son horizon de placement. Par ailleurs, au cas où la conjoncture aurait changé, la Banque Palatine a mis en place des alertes commerciales, financières qui permettent d’informer le client en cas de baisse significative de son portefeuille ou du décrochage d’une valeur et donc d’envisager avec son conseiller de modifier en temps réel sa stratégie.

Le rôle des experts 

Un an après l’entrée en vigueur de cette directive, quels sont les retours clients ? « Il sont très bons. Ils apprécient d’être ainsi tenus informés », constate Laure Challamel. Reste une question : le client ne se sent-il pas submergé par une telle somme d’informations ? Que ce soit en face à face, éventuellement par téléphone ou lors d’ateliers à thèmes qui leur sont réservés, les conseillers sont aux côtés de leurs clients pour les empêcher de surréagir aux événements qui pourraient les pousser à modifier leur stratégie. Ils sont là pour les aider à décrypter les faits, à prendre de la hauteur et à agir au bon moment », poursuit Laure Challamel.

 

Avertissement : ce document ne constitue en aucun cas un élément contractuel, une sollicitation, un conseil en investissement, une recommandation ou une offre de souscrire ou de conclure une quelconque opération sur un instrument financier. Investir sur les marchés financiers implique des risques. Les investissements financiers sont soumis aux fluctuations des marchés financiers, peuvent donc varier tant à la baisse qu’à la hausse et présenter notamment un risque de perte du capital investi. Avant toute décision d’investissement, nous vous recommandons de vous renseigner sur les caractéristiques des produits financiers sur lesquels vous envisagez d’investir et de vous assurer que vous disposez de l’expérience et des connaissances nécessaires pour fonder votre décision, notamment au regard de ses conséquences juridiques et fiscales. Nous vous invitons également à prendre contact avec votre conseiller habituel.