La priorité des priorités ? Faire grandir nos entreprises !

S’il veut transformer l’économie française, le nouvel exécutif devra se fixer une priorité : accélérer le développement des entreprises.

Après le temps des élections, viendra ensuite celui de l’action. S’il veut transformer l’économie française, le nouvel exécutif devra se fixer une priorité : accélérer le développement des entreprises. 

Dans quelle situation se trouve l’économie française ?
La cinquième puissance économique mondiale sort enfin de la crise. L’activité redémarre. Les créations d’emplois progressent enfin. La confiance des ménages et des chefs d’entreprises est en hausse. Les planètes semblent bien alignées. Il était temps, car la France revient de loin.

Il suffit de jeter un œil à quelques grands indicateurs macroéconomiques : chômage important malgré une amélioration récente, déficit commercial permanent, etc.

Ces indicateurs témoignent non seulement des difficultés de notre économie à sortir de la croissance molle qui la frappe depuis la crise de 2008-2009. Ils sont surtout les effets visibles d’un mal profond qui plombe son tissu productif : l’incapacité chronique de notre économie à faire grandir ses entreprises. 

Bien sûr, la France peut compter sur les grands groupes qui composent le CAC 40, et qui sont souvent bien placés dans le classement FORBES des plus grandes entreprises mondiales.  Mais ce club trop restreint est l’arbre qui cache la forêt : nous comptons trop peu d’ETI, 5300 seulement et surtout trop de PME qui n’arrivent pas à grandir et à devenir justement des ETI, ces entreprises qui manquent pourtant cruellement à notre économie.

Il suffit de comparer les études de l’Insee sur la démographie des entreprises publiées ces dernières années pour constater une chose : la structure de notre économie marchande est trop figée.

Le mittelstand allemand, un modèle économique ? 
Si la France comptait 3,9 millions d’entreprises en 2014 – dernier chiffre connu - quand l’Allemagne en affichait 300.000 de moins, le PIB allemand était cette année-là supérieur de plus de 40 % au PIB français.

Cet écart notoire s’explique assez facilement. Parce qu’elles peinent à grandir, les entreprises françaises sont bien plus petites que leurs homologues allemandes. C’est vrai pour les ETI mais également pour les grands PME : pour les entreprises de 50 à 249 salariés, les proportions étaient les suivantes : 0,7 % en France contre  2,9 % en Allemagne. Pour les entreprises de plus de 250 salariés, elles s’élevaient respectivement à 0,2 et 0,7 %.

Concrètement, l’Allemagne comptait donc 25.000 entreprises de plus de 250 salariés en 2014 – le fameux Mittelstand - contre 6.000 seulement pour la France.

Avec une telle structure démographique, construire des écosystèmes vertueux au sein desquels les entreprises, les partenaires financiers, les établissements publics s’épanouiraient ensemble, est un vœu pieux.

Des mesures encourageantes mais encore insuffisantes
En raison de la structure même de l’appareil productif tricolore, les relations entre les entreprises françaises ne sont pas optimales, ce qui se traduit trop souvent par des retards de paiement anormalement élevés même si la situation s’est très nettement améliorée depuis 2012.

Les causes des maux structurels de l’économie française étant donc identifiées, il est maintenant temps d’agir. Le nouveau gouvernement bénéficie d’un accueil très favorable de la part des entrepreneurs. L’exécutif, grâce à une large majorité parlementaire, a donc toutes les cartes pour modifier l’ordre des choses. Les attentes sont immenses.

Quelle méthode employer ? Depuis de nombreuses années, plusieurs leviers ont déjà été actionnés. Citons l’assouplissement des seuils sociaux, l’accès simplifié à la commande publique, la création d’un taux réduit de l’impôt sur les sociétés. Mais toutes ces mesures avaient un défaut. Elles ont été lancées sans coordination.

Le développement des ETI doit être une priorité pour le gouvernement
L’espoir semble être permis en ce début de nouvelle mandature. Le gouvernement d’Emmanuel Macron peut tirer profit d’une conjoncture plus favorable pour réussir là où les autres ont échoué. Une condition est plus que jamais nécessaire : que le développement des entreprises, qui consiste concrètement à transformer nos PME en ETI et ces dernières en grands groupes, devienne le fil rouge de sa politique économique, sociale et règlementaire.

Ce n’est que si le gouvernement parvient à transformer cette vision en actions concrètes que les PME auront enfin les moyens de se développer, d’embaucher, d’innover et d’exporter et de devenir enfin des ETI. 

Il est également indispensable de continuer à établir des passerelles entre la classe politique et l’entreprise et à poursuivre les actions de simplification engagées. Il est urgent d’agir, notamment pour ne pas passer à côté du formidable potentiel de croissance qu’offre la révolution numérique.

La tâche à accomplir est vaste, les attentes immenses mais le contexte est incontestablement favorable. Tout se jouera au cours des cinq prochaines années.